Adopter un Royal Bourbon ou un autre chien créole

S’il fallait croire la publicité, il n’y aurait plus dans notre pays que des chiens avec un pedigree.
Entre le berger allemand qui coure dans les champs pour vanter les mérites d’une marque d’aliment et le westie qui regarde avec amour sa maîtresse lui donner une « barquette fraicheur », il n’y a plus beaucoup de place dans les médias pour les croisés et les corniauds.
On aperçoit de temps en temps un joli bâtard à la télévision mais dès qu’il s’agit d’orienter le consommateur vers l’acquisition d’un chien, la plupart des médias ne posent plus la question du choix du chien en tant qu’individu mais en fonction de caractéristiques raciales.

C’est pourquoi, pour ne pas aller à contre courant, le JPA est heureux de vous présenter une formidable race de chien, le Royal Bourbon, certes moins connue que le westie ou le berger allemand, mais qui fera sensation si vous en faites l’adoption…

ET SI VOUS PRENIEZ UN ROYAL BOURBON ?

Il est bien loin le temps où pour créer une race de chien il fallait être général, médecin ou aristocrate.

Aujourd’hui, la fabrication d’un standard ne dépend plus des origines de son concepteur.

A la Réunion, celle qui a fait la promotion du Royal Bourbon n’était ni noble ni militaire pourtant elle savait y faire. Chaque année, Denise SULA (la présidente de la SPA de l’Ile de la Réunion) plaçait plus de mille cinq cents exemplaires de cet animal extraordinaire (voir standard).

La tâche n’est pourtant pas aisée puisque le standard ne bénéficie pas des sirènes de la publicité. Malgré ce manque de médiatisation, rien qu’en Ile-de-France, plusieurs centaines de foyers font l’acquisition, parfois sans le savoir, d’un Royal Bourbon.

De nombreuses associations de protection animale (voir l’encadré) ont l’intelligence d’en proposer à l’adoption. Ces chiens créoles font preuve d’une incroyable capacité d’adaptation même dans la métropole.

« Ce qui fait sa particularité par rapport à une race classique, c’est que chaque Royal Bourbon a une morphologie unique » nous explique Christelle DEBRY, directrice du refuge de Gien qui place pas mal de ces chiens. « Ils ont un format adapté à toutes les demandes des adoptants, ils peuvent aussi bien vivre dans une maison à la campagne qu’en ville dans un appartement ! En choisissant ce chien vous sortirez de la standardisation, c’est certain ! »

 

COMMENT RECONNAITRE UN GRIGRI CREOLE ?

Pour reconnaître cette race particulière, il suffit de connaître son standard qui nous a été aimablement fourni par « le Club Royal Bourbon »

Le standard du Royal Bourbon et des autres races de grigris :

  • Chien du 11eme groupe
  • Aspect général :
  • petit, moyen ou grand, l’harmonie de ses proportions évoque la grandeur et la noblesse de son caractère*. Quand il avance, il doit présenter tous les traits caractéristiques du chien en mouvement. A l’arrêt, il en impose par son immobilisme.
  • * lorsqu’on l’observe en période crépusculaire avec le soleil dans le dos
  • Tête : une seule. Machoire et dents : son pacifisme légendaire lui permet de ne pas toujours avoir 42 dents.
  • Oreilles : toutes les formes sont acceptées. Certaines oreilles de Royal Bourbon peuvent suggérer le vol gracieux de la mouette rieuse.
  • Corps : membres antérieurs à l’avant. Membres postérieurs à l’arrière.
  • Queue : plus ou moins longue, elle doit impérativement commencer à la fin du dos.
  • Robe : les femelles sont autorisées à l’avoir de toutes les couleurs, les mâles aussi d’ailleurs.
  • Taille : comprise entre 9 cm et 109 cm au garrot.
  • Poids : compris entre 0.99 Kg et 109 kg.
  • Caractère : vif et intelligent, le Royal Bourbon a toutes les qualités lorsque son maître est bien formé…
  • Aptitudes naturelles : il est un chien de compagnie idéal à condition qu’on le prenne pour ce qu’il est et non pour ce qu’on voudrait qu’il soit.
  • Reproduction : uniquement par adoption.

 

OU TROUVER UN GRIGRI CREOLE ?

A la Réunion :

  • REFUGE DU TAMPON

Chemin de la Bergerie

Berive

97430 Le Tampon / Ile de la Réunion

Téléphone : 02 62 43 45 21

  • REFUGE DU GRAND PRADO

110, rue André Lardy

97438 Sainte- Marie / Ile de la Réunion

Téléphone : 02 62 28 67 78

Site internet : http://www.spareunion.fr/

OU ADOPTER UN ROYAL BOURBON EN METROPOLE ?

  • Association ERKA, JAMAIS SANS TOIT !

Villa d’Erka 

78113 Le Tartre Gaudran​

Site internet : http://erkanimaux.com/

  • REFUGE SPA DU GIENNOIS

Chemin de la Fontaine

45500 Gien

Téléphone : 02 38 38 23 36

Site internet : http://www.spadugiennois.org/

  • ASSOCIATION “LES 4 PATTES DE LA PLANETE”

8 route du Closeau

77480 Saint Sauveur Les Bray

Téléphone : 01 60 58 37 45

Mobile : 06 81 42 65 21

Site internet : http://www.les-4-pattes-de-la-planete.fr/

  • ASSOCIATION “PAS SI BETE”

Mairie de Voulx

77940 Voulx

Téléphone : 07 88 10 77 24

Site internet : https://passibetes.fr/

En matière d’immobilier, la direction de la SPA n’est toujours pas à louer !

Par Emilie Gérard du Journal de la Protection Animale

10 euros « pour les animaux » ou pour « louer des bureaux » ?

Si d’aventure vous avez laissé traîner votre mail dans une pétition, une demande d’adoption, ou un formulaire de la SPA, vous allez à coup sûr recevoir des appels pour devenir un donateur mensuel qui avec  « 10 euros permettra à la SPA de nourrir un chien ou un chat pendant un mois ». Évidemment les dix euros servent en partie à nourrir des animaux mais ils ont aussi servi à des projets immobiliers plus que discutables. Il n’est pas certain que 1400 de ces donateurs réguliers auraient acceptés de donner 10 euros par mois si on leur avait proposé de le faire pour louer un hôtel particulier de 300 mètres carré avec jardin afin de le laisser inoccupé.

Un article du Journal de Dimanche du 22 mars 2022, nous a ainsi appris que la direction de la SPA a loué une jolie demeure dans le beau 17éme arrondissement de Paris pour agrandir la surface de bureaux attribués à son administration. Elle disposait pourtant de deux hôtels particuliers soit environ 1000 m². A l’heure du télétravail, il parait que cela ne suffisait pas… Cette maison de ville louée 13.500 euros par mois par un ancien vice-président de Lehmann Brothers est restée inutilisée pendant presqu’un an et pourrait coûter à la SPA après dénonciation du bail  280 000 euros  selon le journal. Le bien avait été visité de nombreuses fois par la direction de la SPA avant la signature du contrat de location. Visiblement le service juridique et patrimonial de l’association n’a pas été à la hauteur puisque le Président explique dans les colonnes du JDD le projet a dû être abandonné en raison d’importants travaux de mises aux normes qui n’avaient pas été décelés.  

Le refuge d’Evecquemont qui fait un gros flop et la « maison des chats » loué pour 500 euros par mois à une start up

Avec la résolution numéro 9 que les adhérents devront approuver ou non à l’assemblée générale de la SPA, l’association va tenter de se débarrasser d’un autre boulet immobilier : la propriété inconstructible d’Evecquemont. Il faut reconnaître ici que là aussi le service juridique de la SPA a été d’une efficacité consternante dans ce méga flop immobilier.  L’acquisition au nom de l’association de cette propriété inutilisable pour en faire un refuge a été faite (sous la présidence de Natacha Harry) en dépit du bon sens puisque ladite propriété est située sur une zone rouge inconstructible.

Parallèlement, la création d’une maison des chats devait voir le jour dans un local de 200 mètres de la rue Beaubourg au centre de Paris légué par une bienfaitrice. Résultat des courses : les bâtiments d’Evecquemont et le local de la rue Beaubourg sont resté inoccupés pendant des années.

En 2022, la nouveauté, le JDD nous l’apprend : depuis 1 an, les 200 m² de la rue Beaubourg sont occupés par une start-up qui fait des millions de chiffre d’affaires et qui paye un loyer de 5.000 euros par an. Elle doit bénir la SPA pour une telle opportunité puisqu’avant l’acquisition de ce local commercial par l’association, la propriétaire touchait la même somme pour un mois de location.

C’est dire qu’en matière de location immobilière la direction de la SPA a encore des progrès à faire !

Les étonnants combats du Président de la SPA

Par Alain Lambert

Protéger les animaux, est-ce un métier ou une vocation ? La « cause animale » est-elle un domaine dans lequel on peut faire carrière comme dans la haute administration ? Avec la communication de la SPA orchestrée par Jacques Charles Fombonne à l’occasion de la campagne Présidentielle, on pourra bientôt savoir si la fonction d’administrateur bénévole peut conduire à un poste très bien rémunéré de « défenseur du droit des animaux »…

Mesdames et messieurs les adhérents, Monsieur le Président

Qu’est-ce que la SPA pour vous ? Un logo sur un rouleau d’essuie tout ?

A la page 41 du rapport d’activité 2021 vous pourrez constater qu’en matière de partenariat, , la direction de la SPA n’hésite pas !  Essity, Feu Vert, la Société Générale et Nestlé Purina peuvent arborer fièrement ce logo de protecteur des animaux ! Tout cela pour ajouter dans les caisses de notre association quelques dizaines de milliers d’euros…

Il est vrai qu’Essity le géant du papier et de la lingette jetable a été pointé de nombreuses fois par les ONG environnementales pour son implication dans la destruction de la forêt et des espèces boréales. Que dire de la Société Générale qui, avec le Crédit agricole, est une banque classée par les amis de Terre comme une organisation qui finance les pires projets en matière d’environnement : plate forme pétrolière en Sakhaline, Sables bitumineux au Canada, Production de gaz liquifié en Nouvelle Guinée, etc. Est-ce vraiment la peine de présenter l’action dévastatrice de Nestlé qui est un super acteur de l’agro-industrie et de l’élevage en batterie ?

Quel est donc la priorité des priorités de la SPA  pour la cause animale selon notre Président ? Le calvaire des animaux élevés en batterie ? La disparition des espèces ? Les animaux des océans qui avalent du plastique et des lingettes ? Vu les partenariats pas vraiment !

Monsieur le Président

A l’occasion des élections présidentielles Mathilde Munos sur France Inter vous a posé cette question   « Sur les 22 mesures pour la cause animale, qu’elle est celle qui compte le plus à vos yeux ? »

Vous avez répondu : « C’est une que la Société Protectrice des Animaux porte, celle de la création d’un poste de défenseur des droits des animaux. De la même façon qu’il existe un défenseur des droits. Il y a plusieurs paramètres qui milite pour cette création. D’abord l’état est extrêmement absent de la protection animale. Ce sont des associations qui portent l’idée. Un ministère ce n’est pas forcément une bonne idée car un ministère c’est un politique. Un défenseur du droit, c’est quelqu’un qui est nommé, il faut qu’il soit nommé, au plus haut de l’état, pourquoi pas par le président de la République, pour un mandat unique de façon à ce qu’il soit parfaitement indépendant. C’est quelqu’un qui doit rassembler le corpus législatif, le corpus réglementaire, qui doit être en mesure d’entendre les associations, qui doit être en mesure, chose dont on ne parle jamais, de créer un observatoire de la condition animale. »

La description du poste est particulièrement intéressante. Vous prenez bien soin d’écarter l’idée de la création d’un ministère et faites le descriptif d’un homme qui connait le droit (vous êtes juriste) l’administration (vous êtes retraité de la gendarmerie) et les associations (vous êtes Président de la SPA). Difficile de faire plus explicite…

Que la SPA utilise l’argent des donateurs  pour faire la promotion d’un poste rémunéré qui vous va comme un gant ? Ça vous parait normal mon général ? Moi pas vraiment !

Ci-dessus une étonnante vidéo financée par la SPA pour promouvoir un homme providentiel…

N’hésitez pas à signer la pétition qui accompagne cet article : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/monsieur-fombonne-spa-financer-carriere-futur/180444?source=link&tmstp=1654919945&p=sharing

En 2021, la SPA a dépensé 7 fois plus d’argent pour entretenir des boites de communication que pour nourrir ses animaux !

Par Alain Lambert

Bonjour chères adhérentes, adhérents et Président de la Société Protectrice des Animaux !

Je conduis la liste Vocation Animale aux élections de la SPA du 25 juin 2022.

Soyons clairs, je n’ai aucune illusion. Il n’y a aucune chance pour que notre équipe gagne les élections. Aucune voix divergente n’est assez forte pour lutter contre une direction qui dépense plus de 20 000 euros par jour pour faire son auto-promotion.

Alors pourquoi avoir créé cette liste me direz-vous ? Et bien pour informer les adhérents tout simplement. Mon statut d’administrateur ne me permet pas de parler aux membres de la SPA en dehors de cette courte période d’élection. La SPA communique beaucoup sur sa transparence mais en réalité elle informe peu.

Monsieur Fombonne, les adhérents doivent savoir que vous soumettez ses administrateurs à une charte de confidentialité draconienne qui, par sa simple existence est révélatrice de votre opacité. C’est pourquoi, chères adhérentes, chers adhérents, avant que vous votiez, je me permets de souligner et de commenter un certain nombre d’éléments importants qui, pour le moins que l’on puisse dire, ne sont pas vraiment mis en avant dans le rapport d’activité. 

Si vous ouvrez le rapport à la page 60 vous pourrez constater qu’en 2021, par exemple, la SPA a dépensé 1.2 millions pour nourrir l’ensemble de ses animaux. Un budget alimentation qui est encore  moins important que celui d’il y a 10 ans. Il faut savoir que pour nourrir ses pensionnaires la direction actuelle fait fabriquer des aliments à très bas coûts (environ un euro le kilo) pour ses chats et ses toutous .

Notre association a pourtant les moyens de bien mieux les alimenter puisque vous constaterez, en page 52, que la SPA a 101 millions d’euros de trésorerie.

La SPA nourrit ses animaux à peu de frais, en revanche elle met les petits plats dans les grands pour entretenir une multitude d’agences de marketing et de sociétés de communication. Vous le constaterez en ouvrant la page 61.   Elle a dépensé quasiment 8 millions d’euros en un an pour solliciter par tous les moyens des donateurs et des légataires. Ainsi une multitude des sociétés commerciales mandatées par la SPA font la cour aux notaires, harcèlent au téléphone des donateurs potentiels, des quêteurs professionnels sollicitent les passants dans les grands villes, les réseaux sociaux regorgent d’appels à dons, de financement de projets participatifs et des tonnes de papiers sont utilisés pour faire des courriers promotionnels pour demander des contributions supplémentaires aux  adhérents.

Peut-être, trouverez-vous cela normal ? Moi pas mon général ! A très bientôt !

L’éducation canine, une nécessité pour la protection animale !

Texte d’Alain Lambert lu en 2003, à l’occasion du centenaire du Refuge Grammont de Gennevilliers

Pour bien connaître l’éducation canine, il m’est paru indispensable de découvrir le plus grand nombre d’environnements dans lesquels peuvent évoluer les propriétaires et leurs chiens du début jusqu’à la fin. La fin, dans mon domaine, c’est la rupture du lien qui unit un maître à son chien. Il y a deux raisons principales pour que cette relation s’interrompe : la mort ou l’abandon. C’est pourquoi, après avoir exploré les différentes facettes de l’éducation canine, j’ai ressenti le besoin depuis ces deux dernières années de proposer mes services à la Société Protectrice des Animaux (SPA). Après accord de son Président, le Docteur Serge Belais, j’ai pu travailler avec mon équipe trois demi journées par semaine dans le chenil le plus connu de France : le refuge de Gennevilliers. Nous ne nous attendions pas à une situation aussi difficile. Ce refuge n’est pas un gentil petit chenil de province, c’est une sorte de gare de triage où transitent chaque année des milliers de chiens . Plus de 40 salariés, un refuge de plusieurs centaines de places, un va et vient incessant entre des chiens qu’on adopte et des chiens qu’on abandonne. Gennevilliers, c’est un effroyable mélange ou se croisent ce qu’il y a de mieux et ce qu’il y a de plus détestable dans l’être humain. Alors que nous aurions pu simplement nous occuper de nos gentils clients des beaux quartiers, nous avons été projetés trois fois par semaine dans une espèce de service d’urgence où rien ne se fait dans la nuance. Gennevilliers est un concentré d’émotions. Vous y trouvez le pire et le meilleur.

Le pire c’est sans aucun doute la période des grandes vacances. A Gennevilliers, l’été commence avec un défilé, celui des candidats à l’abandon. Comme chaque année à cette période, le hall d’accueil prend la forme d’une scène où se joue la comédie humaine. Une foule de déplorables artistes font, tour à tour, leurs numéros. Lunettes noires et nez rouges, ils se ressemblent tous, ils font pitié. Chacun se doit de constater, au vu de leur mouchoir à la main et de leurs regards larmoyants, qu’ils sont accablés par la fatalité.

Pour supporter ces journées d’été, du début jusqu’à la fin, il faut avoir le cœur bien accroché. Cette succession de lâcheté, d’échecs et de renoncement peut donner à certaines âmes sensibles un dégoût plus ou moins prononcé pour l’humanité. C’est pourquoi il faut faire preuve d’une certaine expérience et d’un peu de sagesse pour « accueillir » ce genre de « clients »

Nous les reconnaissons de loin. Ils ont la démarche lourde et tiennent au bout de la laisse, d’un geste gauche, le chien dont ils veulent se débarrasser. A les voir, on pourrait croire qu’ils portent toute la misère du monde sur leurs épaules. Devant nous, il n’y a pas monsieur Dupond ou madame Durand mais des Gavroche et des Cosette. Il n’y a pas la gérante d’une supérette mais la marchande d’allumettes. Chacun y va de son argument pour justifier son reniement. Parmi ces candidats à l’abandon, il y a deux grandes catégories, les spécialistes de la mauvaise foi et les gens de bonne volonté mais dépassés par les événements.

Fariboles et sornettes

Les premiers, des virtuoses de la sornette, sont assez faciles à reconnaître. Ce sont les « on a tout essayé » et les « il n’y a rien à faire » qu’ils vous imposent d’entrée de jeu. Pas question pour eux de repartir avec le chien. Ils n’imaginent même pas qu’il puisse exister des solutions, le chien qu’ils ont ne pose que des problèmes.

Il y a les désespérés. « Je ne m’imaginais pas que c’était comme ça ! » constate celui-ci. « Je pensais que ça se passerait autrement » atteste celle-là « Jamais, nous n’aurions pensé que c’était si compliqué d’avoir un chien ! » affirment ces découragés dont l’image qu’ils se font de leur animal ne correspond pas à la réalité. J’ai compris en les écoutant à quel point il était important, avant de s’occuper des chiens, de s’interroger sur les raisons de notre attachement, sur le regard que nous portons sur eux et sur ce que nous pouvons en attendre. Comme dans la fable, ils nous assurent mais un peu tard, « qu’on ne les reprendrait pas de si tôt ».

Il y a les manipulés. « On ne nous avait pas prévenu ! » s’insurgent-ils « On ne savait pas que ça se passerait comme ça ! » Ce « on » c’est tout un tas de coupables : les éleveurs, les vétérinaires, les multinationales, les lobbies, les médias, les associations, les professionnels, les ministères, le gouvernement, allez savoir peut-être le Président…Ceux- là n’hésitent pas un instant à se mettre en colère et à rejeter leur responsabilité sur le reste de la société.

Il y a aussi les malchanceux. A les entendre, ils ont eu le malheur de tomber sur un chien inadapté à leurs besoins. Ils portent un regard impitoyable sur le chien qu’ils viennent abandonner et leur taillent un costume sur mesure. Il est « trop » ou « pas assez » quelque chose. Sa race est trop difficile, trop nerveuse, trop agressive. Son âge en fait un chien pas assez calme, pas assez tranquille ou pas assez affectueux. Sa taille est trop grande pour un appartement ou trop petite pour une propriété. Il venait d’un élevage où il y avait trop de ceci ou pas assez de cela. Les malchanceux sont redoutables car il n’y a pour eux aucune raison de se remettre en question. Ils regarderont avec toujours autant de plaisir Trente Millions d’Amis à la télé et n’hésiteront pas à reprendre un autre chien dès que l’occasion se présentera. Fervents adeptes de la consommation, ils changent de chien comme on change de pantalon.

Il y a les déficients. En prenant un chien, « ils avaient… » mais « ils n’ont plus… » Ils n’ont plus une minute à eux, ils n’ont plus les moyens financiers, ils n’ont plus la place. Certains sont séparés, et celle ou celui qui voulait le chien est parti avec les meubles mais sans le toutou !

Les déficients nous amènent à nous interroger sur les choix que nous faisons dans notre vie, ce que nous faisons de notre temps, de notre argent et la façon dont nous gérons notre espace.

Certains n’hésitent pas après de tels arguments à saupoudrer une petite touche de recommandation et de bons sentiments. « Il lui faut un maître qui a du temps » ajoutent-ils parfois avec une dernière caresse en guise de ponctuation « Avec nous il n’est pas heureux »

Ces as de la faribole, ces princes de l’irresponsabilité ne présentent à nos yeux qu’une petite qualité, celle d’avoir eu le courage d’affronter notre regard désapprobateur. Il aurait été plus facile pour eux d’attacher leurs chiens à un poteau cinq cent mètres plus haut comme cela arrive fréquemment.

Ceux qui ont pris leurs chiens à rebrousse poils

En fait, la catégorie qui nous intéresse le plus, en tant qu’éducateurs canins, est celle de ceux qui sont dépassé par les événements. C’est celle pour laquelle nous pouvons faire quelque chose, parce qu’ils apprécient encore leurs chiens et qu’ils cherchent des solutions pour les garder plutôt que de s’en séparer.

Nous constatons en les écoutant qu’il ne suffit pas toujours « d’aimer » les animaux pour que cela se passe bien. Le plus grand reproche qu’on puisse leur faire est celui de n’avoir fait que peu d’efforts pour trouver des solutions à leurs problèmes avant de franchir les portes de Gennevilliers.

Il y’a ceux qui n’ont toujours pas réussi à faire comprendre à leur cabot que leur demeure n’est pas un sanichien*. « Des fois on le promène plus d’une heure sans qu’il lève la patte. A peine rentré, il fait ses besoins sur le tapis du salon » Ils font le bonheur des collectivités locales puisque leurs braves toutous s’évertuent à ne jamais faire leurs besoins en dehors de leurs appartements.

Il y a ceux dont la maison est devenu est un air d’ébat pour chiens. « Chez nous, il n’y a plus un objet à moins d’un mètre cinquante du sol, tout est installé en hauteur » Une sorte de no man’s land ou le toutou adoré a refait à sa façon la décoration. La plus petite absence du propriétaire déclenche chez lui une irrépressible envie d’écharper la moquette, de broyer les objets familiers, de customiser les canapés, de refaire les installations téléphoniques ou de manger la tapisserie.

Il y’a ceux dont le compagnon fait tout le temps son « one man chow chow ». Leur chien est devenu une diva qui n’hésite pas à s’exprimer à la moindre occasion. « Il aboie pour tout et n’importe quoi ! » Des chiens souvent très malins qui ont compris qu’il n’y a rien de tel qu’un aboiement par ci ou un hurlement par là pour accélérer le mouvement.

Il y’a ceux dont le cador est devenu une espèce d’empereur tout puissant. « La nuit je ne peux même pas me lever pour faire pipi. Installé devant la porte des cabinets, il ne veut pas me laisser passer. Il me grogne dessus. ». Leur chien est un Titus ou un César qui a progressivement occupé les endroits stratégiques pour instaurer une dictature canine dans leurs habitations.

Il y’a ceux dont la moindre sortie avec le chien est devenu une épreuve olympique : cent mètre haies quand le chien a décidé de sauter dans le jardin de la voisine !

Lutte gréco-romaine quand le charmant fanfaron a décidé d’en découdre avec les autres chiens du quartier. « Il ne supporte pas les autres mâles. Il déteste particulièrement le chien qui habite juste en face de chez nous »

Séance de musculation quand il faut le promener en laisse. « Il tire comme un bœuf. Il m’a fait tomber plusieurs fois » Course de fond quand on veut le lâcher dans un bois ou dans un parc public. « Avec lui c’est « viens ici fous le camp ». « Dès qu’on l’appelle pour rentrer, il part dans l’autre sens »

Loin de moins l’idée de jeter la pierre à tous ces propriétaires mais j’ai constaté qu’une grande part d’entre eux ont fait les choses à l’envers. Ils ont couru après leurs chiens quand il aurait fallu les encourager, se sont fâchés quand ils auraient dû les féliciter, les ont félicité quand il se devaient de ne pas s’y intéresser… Un grand nombre d’entre eux, sans le savoir, ont pris leurs chiens à rebrousse poils et s’étonnent de les voir mal se comporter.

En les écoutant, on se rend compte à quel point l’éducation canine à sa place ici. C’est à mon avis une nécessité dans la SPA d’aujourd’hui.